À la découverte de la poésie (+ activités) -8 –

Publié le par Juanfrance

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Victor HUGO
1802 – 1895


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" Oceano nox "

Cliquez ici pour écouter la lecture du poème gif_pensativo

 

 

 

 

 

 

Oh ! combien de marins, combien de capitaines

Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,

Dans ce morne horizon se sont évanouis !

Combien ont disparu, dure et triste fortune !

Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,

Sous l'aveugle océan à jamais enfouis !

 

Combien de patrons morts avec leurs équipages !

L'ouragan de leur vie a pris toutes les pages

Et d'un souffle il a tout dispersé sur les flots !

Nul ne saura leur fin dans l'abîme plongée.

Chaque vague en passant d'un butin s'est chargée ;

L'une a saisi l'esquif, l'autre les matelots !

 

Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues !

Vous roulez à travers les sombres étendues,

Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus.

Oh ! que de vieux parents, qui n'avaient plus qu'un rêve,

Sont morts en attendant tous les jours sur la grève

Ceux qui ne sont pas revenus !

 

On s'entretient de vous parfois dans les veillées.

Maint joyeux cercle, assis sur des ancres rouillées,

Mêle encor quelque temps vos noms d'ombre couverts

Aux rires, aux refrains, aux récits d'aventures,

Aux baisers qu'on dérobe à vos belles futures,

Tandis que vous dormez dans les goémons verts !

 

On demande : - Où sont-ils ? sont-ils rois dans quelque île ?

Nous ont-ils délaissés pour un bord plus fertile ? -

Puis votre souvenir même est enseveli.

Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire.

Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire,

Sur le sombre océan jette le sombre oubli.

 

Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.

L'un n'a-t-il pas sa barque et l'autre sa charrue ?

Seules, durant ces nuits où l'orage est vainqueur,

Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre,

Parlent encor de vous en remuant la cendre

De leur foyer et de leur coeur !

 

Et quand la tombe enfin a fermé leur paupière,

Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre

Dans l'étroit cimetière où l'écho nous répond,

Pas même un saule vert qui s'effeuille à l'automne,

Pas même la chanson naïve et monotone

Que chante un mendiant à l'angle d'un vieux pont !

 

Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?

O flots, que vous savez de lugubres histoires !

Flots profonds redoutés des mères à genoux !

Vous vous les racontez en montant les marées,

Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées

Que vous avez le soir quand vous venez vers nous!

 


Activités : 

(vous avez toute une semaine pour le faire)

 

Je vous propose d’en faire quelques-unes à votre choix. Vous pouvez les poster dans notre blog sous forme de commentaires, les envoyer par mél à votre prof ou bien les publier sur votre propre blog (dans ce cas vous nous signalez la référence)

 

- D’abord écoutez y lisez le poème.

- Cherchez au dictionnaire les mots que vous ne comprenez pas bien

- Dites-nous si vous avez compris le sens du poème.

- Commentez vos impressions sur le poème. Si vous l’avez aimé ou pas.

 

- Découvrez son auteur. Dites-nous si vous connaissiez son auteur. Cherchez sur internet sa référence.

 

-Activité orale : enregistrez de votre propre voix le poème. Cliquez ici et vous lirez comment le faire . Une fois  votre voix est enregistrée, obtenez le code d'incrustation et postez-le sous forme de commentaire, ou sur votre propre blog.

 

- En fin, proposez à vos camarades la lecture d’un autre poème que vous connaissiez ou que vous ayez découvert.

 

Merci de votre travail et contribution.


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Commenter cet article

Mª José 22/08/2010 21:51


Je n'aurais jamais pensé qu'on pourrait apprendre le français d'une façon tellement belle . Merci


Juanfrance 26/08/2010 19:28



De rien. Moi aussi je pense que c'est une belle idée de lire un poème et le partager avec tous.